COURSE : POURQUOI LE COUREUR EST-IL MINCE !

L’observation des pelotons de coureurs de fond amène à constater une certaine minceur générale, pour ne pas dire plus. Pour qui souhaite préserver l’aspect musclé du haut du corps, un petit changement dans la programmation des entraînements s’avère parfois nécessaire. Explications.

Le coureur est mince, maigre parfois. Cet aspect grêle de la silhouette ne correspond pas forcément aux critères esthétiques que l’on a du sportif.

Il faut d’abord savoir que l’entraînement, majoritairement effectué en endurance, permet de perdre une bonne partie de sa masse grasse et de remodeler sa silhouette si le coureur fait preuve de persévérance et de patience dans ce type d’effort.

En effet, les efforts en endurance augmentent la lipolyse (utilisation des lipides) et l’utilisation des acides gras. Ils contribuent donc à réduire le volume adipeux qui a une fâcheuse tendance à s’accumuler autour de la taille chez l’homme et autour des fesses et des cuisses des femmes (et, ce, pour des raisons hormonales). Signalons tout de suite, même au risque de démoraliser certains ou certaines, que si l’endurance contribue à réduire la masse graisseuse, il faut beaucoup d’exercice pour perdre un peu de graisse. Par exemple, courir un marathon ne fait perdre que 100 à 200 g de graisse ! Maigrir est donc une question de patience et mettre au menu un bon nombre de kilomètres permettra de remplacer le grignotage et de compenser une alimentation riche en graisses. La diététique est donc le complément indispensable à l’endurance et la persévérance.

Pas assez d’exercice en force

La silhouette va alors pouvoir se transformer, mais lentement et pas toujours comme l’homme bedonnant ou la femme aux hanches trop rondes le souhaiteraient. En effet, il n’y a pas de vaisseaux sanguins reliant directement le tissu adipeux du ventre ou des fesses aux muscles du ventre ou des membres inférieurs. Lorsque les acides gras sont libérés lors d’un entraînement en endurance par le tissu adipeux de toutes les régions du corps, ils le sont dans la circulation sanguine générale veineuse qui les conduit au cœur et sont ensuite distribués aux muscles travaillant grâce à la circulation artérielle.
Le problème est que l’exercice en endurance puise son « énergie adipeuse » dans tout le corps et non spécifiquement au niveau des hanches ou du ventre. Il faut même savoir que certaines parties du tissu adipeux fondent plus vite que d’autres. C’est le cas des graisses enveloppant les organes thoraciques (cœur) et abdominaux (reins, intestins), d’autres fondent plus lentement comme les graisses sous cutanées du ventre et des fesses qui ont un rôle d’isolant et d’amortissement. Dommage lorsqu’on est pressé d’affiner sa silhouette !

Par ailleurs, le coureur de fond semble « maigre » parce qu’il ne pratique que peu d’exercice en force, et ainsi hypertrophie moins sa masse musculaire comme le fait un coureur de sprint ou de demi-fond.
Il ne met pas en jeu le même type de fibres musculaires pour développer une même puissance qui le sera sur un temps plus long, alors que le sprinter le fera sur un temps beaucoup plus court.
Bref, les coureurs de fond (hommes ou femmes) apparaissent minces (mais non maigres) car la persévérance, la régularité et la quantité de leur entraînement en endurance a réussi à leur faire perdre une grosse partie de leurs réserves adipeuses. L’observance d’une diététique limitant leurs apports en lipides au juste nécessaire (et indispensable) leur permet de ne pas constituer des réserves opulentes, et esthétiquement jamais très discrètes…
Quant à l’aspect longiligne (pouvant parfois même apparaître grêle) de leur musculature, il est dû au peu d’entraînement en puissance.

Cet aspect peut et mérite d’être modifié par de la musculation du tronc et de la ceinture scapulaire (épaules). La musculation de la sangle abdominale des muscles obliques et de toute la musculature dorsale a l’avantage outre d’améliorer la silhouette, de permettre de mieux respirer et de mieux amortir les chocs répétés et incessants provoqués par la course de fond. Les longues et très longues distances entraîneront alors moins de douleurs lombaires, dorsales ou cervicales. Enfin, la musculation de la ceinture scapulaire et des membres supérieurs permet d’équilibrer la silhouette en effaçant l’aspect « chétif » provoqué par la consommation de la masse adipeuse. Cette musculation permet de remplacer le modelé arrondi du panicule adipeux par un modelé arrondi musculaire au niveau des bras, des épaules et des pectoraux. Ainsi, Messieurs, vous ne paraîtrez plus gringalets aux yeux des femmes et vous, Mesdames, vous conserverez vos rondeurs féminines tant appréciées ! Cette hypertrophie musculaire du haut du corps obtenue par musculation pourra même être mise à profit lors d’efforts de course en côte. De plus sur le plan cardio-vasculaire, il ne faut pas oublier que le travail du cœur pour l’entretien d’un kilo de muscle équivaut à celui de 4 kg de graisse.

Alors, n’hésitez pas, pour entretenir sa silhouette et sa santé, il n’y a aucune contre indication à marier course de fond et musculation !

LA CERISE SUR LA COURSE !

Vous voulez évitez les courbatures? Buvez du jus de griottes !

L’eau de noix de coco, avec sa palanquée d’électrolytes, ou le jus de grenade, armé d’antioxydants, sont des boissons de choix pour réduire les courbatures. Mais, pour éviter les effets négatifs d’un effort intense, c’est le jus de griottes qui remporte la palme selon une étude de l’université de l’Oregon.

Un groupe de 44 coureurs a été formé. La moitié a bu, pendant la semaine précédant la course et le jour J, 700 ml de jus de griottes. Les 22 autres avaient un placebo goût cerise. Après leur course (environ 25 km), les chercheurs ont découvert que ceux qui avaient bu le jus de griottes avaient moins de douleurs post-épreuve, récupéraient mieux et étaient moins sujets aux phénomènes inflammatoires.

LE PETIT DÉJEUNER D’AVANT COURSE

Premier repas de la journée, dernier repas avant votre course… Deux excellentes raisons de soigner votre petit déjeuner. Explications par le menu…

Régulièrement négligé pour raisons « professionnelles », le petit-déjeuner est pourtant un moment-clé de la journée pour recharger les « batteries » avant le début de la journée. En semaine, c’est donc un premier repas capital, qu’il convient de soigner. Le week-end, quand vous avez programmé une course, ce repas devient le dernier… avant votre départ et de fait, un élément constitutif de votre réussite. Alors, même si le départ de la course est tôt dans la matinée, ne sacrifiez pas ce repas. Au contraire, adaptez le à votre course, pour mettre toutes les chances de votre côté.

La règle des trois heures

Tous les acteurs du monde sportif s’accordent à dire que le dernier repas avant l’effort doit non seulement être équilibré mais également être pris suffisamment tôt avant l’exercice afin d’éviter des interférences entre la circulation sanguine musculaire liée à l’effort et celle liée à la digestion. De plus, les sécrétions hormonales peuvent s’opposer. En période digestive, il existe notamment une sécrétion d’insuline et une diminution de celle de glucagon, alors qu’en période d’effort, on observe le phénomène inverse.

En clair, si on « petit déjeune » peu de temps avant le départ de la course, on peut s’exposer à :

– une diminution du rendement musculaire, avec une mise en train laborieuse, une baisse de la tonicité, la prise d’une mauvaise cadence, un épuisement précoce…

– des perturbations digestives, avec risques de vomissements, spasmes, douleurs gastriques, indispositions…

– des anomalies cardio-respiratoires, avec essoufflement, tachycardie, apparition rapide de « points de côté »…

Pour éviter l’apparition de tous ces désagréments, il est aujourd’hui admis que le dernier repas précédant l’effort doit se situer au moins trois heures avant le début de l’exercice. C’est ce l’on nomme la « loi des 3 heures ».

La composition du petit déjeuner en tant que dernier repas

Ainsi, trois heures avant l’heure H, prenez un petit déjeuner complet mais léger. Renoncez aux croissants et aux mélanges pesants. Inutile également « d’ingurgiter » des sucres rapides (gelées, produits diététiques de l’effort, sucres…) longtemps à l’avance. Brûlés trop tôt, ils préparent un coup de fatigue pour le début du parcours. N’attendez pas non plus le matin fatidique pour expérimenter une nouvelle « diététique ».

Ce dernier repas avant compétition doit donc être copieux mais digeste et comprendre :

– une boisson (thé, infusion ou café allongé…) pour réhydrater l’organisme et permettre la mobilisation et l’élimination des toxines de fatigue.

– un produit céréalier pour l’apport en sucres complexes, carburant énergétique indispensable (céréales de petit déjeuner, pain, biscottes, biscuits, dessert à base de riz ou de semoule, pâtes, même « salées »…)

– un produit protidique (une tranche de jambon blanc, un œuf ou un morceau de viande froide) pour sa teneur en acides aminés qui non seulement assurent un bon tonus neuromusculaire mais qui ralentissent aussi l’absorption des glucides et régularisent ainsi la glycémie.

– un produit laitier peu gras (lait partiellement ou totalement écrémé, yaourt nature, fromage blanc 0 ou 20 %…) pour les apports en calcium et en protéines.

– un fruit pour les vitamines, les sels minéraux, le fructose et les fibres. Généralement riches en potassium, les fruits participent à une bonne contraction musculaire, sans oublier la vitamine C antidote contre l’oxydation. De plus les fruits donnent naissance à des résidus alcalins qui neutralisent l’acide lactique produit par l’effort. Préférez toutefois les fruits doux -pommes, poires, abricots ou raisins-, car certains sportifs, sujets à l’hyperacidité gastrique du fait de l’anxiété, ne supportent pas l’acidité et les huiles aromatiques des agrumes, se plaignant alors de « brûlures » à l’estomac durant l’effort.

– une petite portion de matières grasses pour l’apport en acides gras essentiels et en vitamines A, D ou E

– un peu de miel ou de pain d’épices pour l’énergie rapide qui assure une glycémie immédiate et un plaisir gustatif non négligeable le matin.

– Une petite pincée de sel pour l’apport en sodium et ainsi lutter éventuellement contre la déperdition par la sueur pour les efforts long (marathon).

Les difficultés rencontrées

Le premier souci diététique du coureur, c’est l’horaire des départs qui est souvent très matinal, car une course débutant à 9 H 00 implique donc suivant la règle des 3 heures un petit déjeuner se situant à 6 H 00. Ce réveil aux aurores n’est jamais apprécié car le coureur a envie de se reposer au maximum. Chez certains coureurs cyclistes, l’usage est alors de réveiller les sportifs de très grand matin (à 5 heures par exemple) et de leur offrir un repas après lequel ils se recouchent. On les réveille ensuite vers 8h30 en vue d’un départ se situant vers 9h30.

Mais par expérience, on s’aperçoit que le coureur a du mal a retrouver le sommeil après son petit déjeuner, et que cette pratique ne résout pas le problème de l’appétit. En effet, nourri la veille par la fameuse pasta-party, il n’est pas évident, le stress aidant, d’avoir suffisamment d’appétit si tôt pour « ingurgiter » l’énergie nécessaire et respecter au réveil les impératifs de la composition du dernier repas.

Parfois, un grand verre d’eau ou un jus de fruit au saut du lit suffit pour ouvrir l’appétit. Mais il est impératif de toujours manger quelque chose le matin de la compétition, car les stocks de glycogène hépatique sont épuisés même chez un individu bien nourri. Lors d’un effort prolongé, si le niveau du glycogène hépatique est bas, l’organisme ne pourra pas assurer un apport constant en glucose, ce qui présente des inconvénients. Il existe aussi pour les plus pressés des préparations comme les gâteaux sport qui apportent le nécessaire diététique sous un volume assez faible et des qualités gustatives parfois intéressantes (voir notre prochain numéro).

Si la faim est vraiment faible, pensez à la forme d’assimilation la plus pratique qui paraît être les liquides. Ils se digèrent bien et s’absorbent plus rapidement. Un milk-shake riche en protéines, un jus de fruit doux associé à des préparation du commerce aux polymères de type CarboLode de Leppin peuvent également constituer une solution intéressante.

Enfin, il est judicieux de prévoir un apport alimentaire sous forme de boissons énergétiques, de barres digestes ou de gels entre la fin du petit déjeuner et le début de la compétition. Cette ration d’attente aura en outre l’intérêt d’apporter de l’eau et des minéraux destinés à faciliter l’effort.

Ce petit déjeuner est-il différent suivant le type de course ?

Que le petit déjeuner précède un 10 km, un semi ou un marathon, les grands principes restent identiques : la règle des trois heures, la digestibilité et la composition suffisamment complète comprenant des glucides complexes et simples, des protéines de bonne qualité et des sels minéraux doivent être au menu.

En revanche, la quantité peut parfois être différente : le marathonien, compte tenu d’une dépense énergétique plus longue, devra ingurgiter un peu plus de tout, surtout s’il est frileux vis-à-vis des rations d’attente et aux ravitaillements. Le besoin aussi en nutriments anti-oxydants luttant contre les radicaux libres peut être plus important pour les marathoniens.

Le petit déjeuner idéal pour quelle course :
10 km Semi-marathon Marathon
– 1 bol de café allongé

– 2 à 4 tranches de pain d’épices

– 1 tranche de blanc de dinde

– 1 petit morceau de pain aux graines de céréales

– 1 fruit frais

– 1 yaourt nature sucré au miel

– 1 thé légèrement sucré

– 1 à 2 œufs coque ou mollets

– 1 morceau de pain de campagne en « mouillettes »

– 1 bol de riz au lait

– 1 fruit frais

– 1 infusion sucrée au miel

– 1 à 2 tranches de jambon blanc dégraissé découenné

– 4 à 6 biscottes

– 1 bol de flocons d’avoine

– 1 petit bol de fromage blanc 0 %

– 1 poignée de fruits secs (raisins, abricots secs…) et de fruits oléagineux (noix, amandes…)

– 1 à 2 fruits frais

– 1 boisson chaude légèrement sucrée

– 4 toasts de pain de mie grillés

– 1 cuil. de marmelade

– 1 morceau de pain aux noix

– 1 petit morceau de gruyère

– 1 kiwi

– 1 boisson chaude légèrement sucrée

– 1 bol de céréales type Weetabix

– 1 verre de lait à la cannelle

– 1 salade de fruits frais

– 1 petite tranche froide de rôti de veau

– 1 tranche de pain aux noix

– 1 boisson chaude légèrement sucrée

– 1 morceau de pain de seigle

– 2 œufs brouillés (dans un poêle anti-adhésive)

– 2 à 3 blinis

– 1 compote

– ½ pamplemousse

– 1 yaourt à boire

VEGAN RUNNER

Dévorer les kilomètres mais pas les animaux, c’est possible. Enquête sur le mariage entre course à pied et alimentation végétale. 

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Difficile d’y échapper ces derniers temps : la viande est devenue sujet de controverse. Manifestation pour le bien-être animal, menu adapté à la cantine, restaurants branchés, quinoa à toutes les sauces, lentille corail party, l’agar-agar… En découle autant de modes d’alimentation, de vie même, aux raisons et aux justifications toutes différentes et personnelles. Petit lexique :

  • le végétarien ne mange ni viande ni poisson.
  • le végétalien ne mange aucun produit issu de l’animal, directement ou indirectement (la viande et le poisson, mais aussi les œufs, le lait, le miel et le fromage).
  • le vegan va plus loin : en plus de son régime alimentaire, il exclut tous les produits issus de l’exploitation des animaux comme les vêtements en laine, en soie, les accessoires en cuir ainsi que les produits d’hygiène et de beauté testés sur des animaux.

Beaucoup de jus, peu de fer

Sur le papier, rien ne semble opposer absence de protéines animales et pratique sportive. Les fruits et légumes apportent des vitamines, et sans viande, selon de nombreuses études, le corps élimine mieux les toxines et les probabilités d’être atteint d’une maladie cardio-vasculaire sont diminuées. Attention néanmoins aux carences – notamment en fer et en vitamine B12 – car les protéines végétales n’apportent pas les acides animés essentiels à l’organisme de manière équilibrée. C’est pourquoi il faut apprendre à combiner les céréales aux légumineuses, comme du riz et des lentilles, pour rétablir cet équilibre.

Pour Céline, militaire de carrière, qui prépare son 4ème marathon : « La course à pied, c’est mon indicateur. Si je sens que j’ai le souffle coupé et les jambes lourdes sans aucune raison, c’est que j’ai une carence. Je prends alors un traitement en B12 et en fer pendant quelques temps. » Elle se lance progressivement vers le régime végétalien mais cela ne l’empêche pas de rêver à un Ironman un jour.

Nicolas Aubineau, diététicien nutritionniste, auteur de plusieurs livres sur l’alimentation, le dernier portant sur le trail, donne le bon conseil pour la pratique du sport : « Ce qui est important, c’est toujours la récupération : il faut apporter un maximum de protéines végétales et de glucides après l’effort pour recharger et réparer la fibre musculaire ».

Le gang des « végé »

De fait, dans toutes les disciplines sportives, des hommes et des femmes végétariens ou végétaliens se sont fait remarquer pour leurs performances. En ce qui concerne la course à pied, citons notamment la légende Emile Zatopek, auteur d’un triplé 5 000m/10 000m/marathon aux JO d’Helsinki en 1952, Carl Lewis, converti lui aussi au végétarisme dans les années 1990, ou encore Scott Jurek, l’ultra-traileur américain aux multiples exploits, totalement vegan depuis 1999.

« Il faut apporter un maximum de protéines végétales et de glucides après l’effort pour recharger et réparer la fibre musculaire » 

STC Nutrition

Désormais, les protéines végétales peuvent aussi être consommées sous forme de smoothies, muesli, barres ou de poudres pour favoriser la pratique sportive. La marque STC Nutritionpropose ainsi une gamme de produits composés de protéines 100% végétales, de fibres, d’ingrédients naturels tels que la spiruline, les graines de tournesol, de lin, de courge et de chia. Et le plus beau dans tout ça ? C’est qu’elle est tellement bonne, que même les carnivores vont l’adorer. 

Par : Chloé Duval

LE PETIT DEJEUNER DES CHAMPIONS

Pour les coureurs matinaux, le petit-déjeuner est un moment à part, la transition entre course et journée de travail. Mais il y a quelques principes à respecter.

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Tous en parlent avec un sourire dans la voix et des yeux qui s’animent. Les coureurs de l’aube que nous avons interrogés s’accordent sur la place sacrée du petit-déjeuner après leur sortie. « Quand je n’ai pas les jambes, je me motive en pensant à mon petit-dej’ », raconte même Laure. Entre les injonctions au petit-déjeuner esthétique et healthy que l’on croise sur Instagram et les croyances populaires, il est parfois difficile de savoir ce qui est vraiment bon pour son corps le matin. Tentatives d’éclaircissement avecMaryse Thiebaud, nutritionniste et formatrice au CREPS de Montpellier : « En termes de nutrition, le gros défaut, c’est qu’on simplifie beaucoup » pose-t-elle. Avant de développer : « Il y a un adage populaire qui dit ‘manger comme un roi le matin, comme un prince le midi et comme un pauvre le soir’, sauf qu’il faut veiller à ce que les apports sur la journée soient réguliers. De ce point de vue-là, il vaut presque mieux ne rien manger qu’un café et des croissants ».

Pour la spécialiste, il faut avant tout respecter la physiologie de chacun. « Mon travail commence toujours par une enquête alimentaire pour cerner les spécificités, parce que certains ont de l’énergie le matin sans forcément manger ». En creux de cette individualisation du régime alimentaire, l’idée qu’il faut se méfier des modes et des injonctions trop universalistes. « J’entends pas mal parler de jeûne intermittent, de régimes paleo, il y a beaucoup d’informations sur Internet, et une certaine unification des pratiques alimentaires, alors qu’à l’origine culturellement quand on voyage on voit que le petit-déjeuner peut prendre des formes très différentes. D’autant que ces pratiques alimentaires en vogue ne correspondent pas forcément à tout le monde. » Le rôle du nutritionniste peut alors être d’aider à faire un tri, à mieux écouter son corps pour identifier ce qui convient le mieux. 

Qui court tôt ménage sa monture

Sur le petit-déjeuner du sportif, Maryse Thiebaud donne les grandes lignes : « On se lève on s’hydrate et on mange après l’effort. Eventuellement on peut partir avec une barre de céréale ou une boisson d’effort (très digeste) ». En fait, l’affaire commencerait même la veille. « Je sais que les gens essaient de partir courir plus ou moins à jeun pour aller puiser dans les masses graisseuses, sauf qu’il y a un vrai risque de méforme à long terme si on force la machine, que l’on ne respecte pas son biorythme, ou que l’on s’entraîne à jeun systématiquement avec un régime pauvre en glucides. Avoir mangé un peu de pâtes ou de riz la veille de la sortie à jeun reste une option valable pour éviter l’épuisement sans pour autant perdre le bénéfice des entraînements matinaux. »

Avant de rentrer dans le vif du sujet, la nutritionniste contextualise : « il faut imaginer qu’en course à pied, un sport d’endurance sans phases d’arrêt, la masse sanguine se concentre sur les muscles et délaisse le système digestif, donc le corps n’est pas prêt pour la digestion dès que l’on s’arrête. » Elle conseille donc d’y aller en douceur et de ne pas brusquer les choses. « Le bémol de la course le matin, c’est qu’on est souvent court en temps, alors que le corps en a besoin pour faire la transition, idéalement une petite demie-heure, pendant laquelle il est très important de se réhydrater, éventuellement avec un quart ou un demi-litre de boisson d’effort qui présente l’avantage d’être complètement digeste et qui va ressucrer et préparer le système digestif pour le petit-déjeuner. »

Et n’oublie pas la confiture

Quant au contenu du menu, enfin, la spécialiste rappelle qu’il faut éviter le trop riche en fibre (fruits) ou en oléagineux (amandes) pour ne pas irriter l’intestin, avant d’égrener les possibilités certifiées digestes: « Un porridge (flocons d’avoine trempés ou cuits dans du lait), un œuf à la coque, du pain de campagne (pas forcément complet), du jambon, une compote, ou encore un laitage ou une préparation au soja. » « Evidemment on peut aussi manger vite faite une tranche de pain de mie avec de la confiture, mais sans aucune protéines, la récupération sera moins bonne » prévient Maryse Thiebaud. Si on a le droit à la confiture, tout va bien. 

Déjeuner ou courir, pourquoi choisir ?

Une bonne cantine d’entreprise, ça n’existe pas. Alors pourquoi ne pas utiliser le temps de la pause-déjeuner pour un run rafraîchissant ?

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Entre les huit de travail quotidiennes, les gosses à aller chercher à la maternelle, le dîner à préparer et le Pont de la rivière Kwaï qui passe à la télévision en prime time, il est particulièrement difficile de trouver le temps de s’entraîner. Alors, les sportifs qui ne veulent pas attendre samedi pour enfiler shorts et baskets ont trouvé une parade : ils courent entre midi et quatorze heures, pendant que leurs collègues s’enfilent de l’émincé de bœuf à la cantine. Retour sur une tendance qui demande anticipation, volonté et serviette absorbante.

Courir pendant la pause déjeuner possède un nom aux Etats-Unis : le « runch ». Le jeu de mot est instransposable en français mais il traduit néanmoins une activité qui est entrée dans les mœurs. Pour se faire, elle s’est constituée autour de plusieurs règles immuables, au nombre desquelles on compte en priorité l’anticipation. Eh oui, contrairement à ce que James Bond essaie de démontrer depuis plus de cinquante ans, le costume-cravate n’est pas idéal pour courir. Les études indiquent qu’en moyenne les Français prennent 30 à 50 minutes pour déjeuner : un court laps de temps qui nécessite un timing très réglé pour pouvoir y caler tout ce qu’on a prévu de faire. « Je fixe à l’avance les jours où je veux courir, témoigne Stéphane. En général, je prépare mon sac la veille : chaussure, t-shirt, short… Pour ne pas perdre de temps quand j’ai la tête en vrac le matin. » Pour gagner quelques secondes supplémentaires, il est conseillé de porter les chaussettes de running dès le matin. Les points perdus en style feront gagner en temps.

Eviter fringales et bœuf bourguignon

L’anticipation nécessaire au runch se perçoit aussi dans le choix du petit-déjeuner, censé représenté 25% des apports nutritionnels quotidiens. Rien ne sert de se gaver de glucides, mieux vaut privilégier les sucres lents et féculents pour un effort qui aura lieu quatre heures plus tard. Quelles solutions reste-t-il au travailleur qui passe sa pause-déjeuner à courir ? Pour être au top de sa forme et éviter les fringales toujours susceptibles de tomber au coin du nez quand on court à jeun, il est sage de grignoter un petit peu vers 11 heures, soit une heure et demi avant sa session.

D’autres ont leur propre méthode, comme Walid. « Moi, je n’aime pas trop l’idée de manger peu et en dehors des heures de repas, alors je cours le midi en ayant seulement mangé le matin. Et c’est après l’effort que je déjeune. La plupart du temps, je n’ai pas très faim alors je prends un sandwich ou une salade, et quelques biscuits. Surtout, j’évite les trucs lourds qui pèsent sur l’estomac. » S’il n’y a pas de vrais règles quant à ce qu’on doit manger après avoir couru, il reste préférable d’éviter le bœuf bourguignon de la cantinière avant de chausser ses baskets, au risque d’avoir quelques crampes d’estomac pendant son run.

Des filles qui s’attachent les cheveux

Certains, comme Stéphane, ont la chance d’avoir des douches sur leur lieu de travail. D’autres, non. C’est le cas d’Anna, qui use de méthodes très personnelles pour quitter sa tenue de running et retrouver son bureau en open-space. « Même si on n’a pas de douche dans l’entreprise, on a des toilettes assez spacieuses. Alors, je peux « m’installer » pour me sécher, me laver rapidement et repartir pour une après-midi de travail. » Mais à quoi correspond exactement « se laver rapidement » ? A Anna de répondre : « J’ai un sac qui contient tout ce qu’il faut pour me refaire une beauté : serviette absorbante pour me sécher, déodorant, sous-vêtements de rechange… Conseil bonus, j’invite les filles à s’attacher les cheveux pour la deuxième partie de journée ». Et puis, si l’odeur et la transpiration gênent tant les collègues, il est possible de s’en servir comme argument pour obtenir son propre bureau et monter en grade. La promotion runch.

Par : Jean-Romain Blanc