courir de nuit

Courir de nuit déchaîne les passions, entre les fidèles adeptes, frontale clouée sur la tête, et ceux qui ne jugent que par la lumière du jour. Un moment particulier qui bouleverse les sens et brouille les repères. En avant pour une petite virée nocturne…

Fléau de la démotivation

18h. Sortie du boulot. -8000 degrés dehors. La banquise. Comme en arrivant ce matin, il fait nuit, toujours nuit. J’y vais, j’y vais pas ? C’est l’heure du dilemme existentiel de la sortie running du soir. La nuit et le froid, ces deux fléaux de la démotivation, mettent à rude épreuve le mental. Vous y seriez bien allé le midi, mais le timing était encore trop juste. L’appel du cocooning à la maison vous tend les bras, et ce n’est pas cette petite bruine bretonne qui va arranger les choses. Mais pas le choix, il faut y passer pour ne pas boucler votre prochaine course en titubant. Et quand l’appel de l’hibernation devient trop fort, il reste le joker de l’appel à un ami pour se motiver à plusieurs. Allez, on y va.

Pratique branchée

Vous empruntez votre tracé habituel pour vous rassurer, sur les trottoirs de quartiers résidentiels, avant de plonger dans un centre-ville plus animé. Courir de nuit est devenu tendance, comme en témoigne le développement de courses le soir ou d’événements dans les grandes villes avec DJ Marcel aux platines. Une expérience où les sensations de vitesse sont décuplées et où la ville se révèle sous une autre dimension, scintillant au rythme de la vie nocturne. Oui, courir de nuit, c’est classe.

Briller dans la rue

Vu et être vu, c’est la priorité avant de sortir la nuit. Même en ville, malgré les éclairages urbains, vous serez moins visible des véhicules et des piétons. Vous auriez pu sortir votre plus beau gilet jaune pour l’occasion, mais malgré son indiscutable efficacité, vous n’avez pas osé. Vous optez plutôt pour une veste colorée aux bandes réfléchissantes du plus bel effet. Vous pouvez même y greffer des brassards fluorescents ou de petites leds pour faire de vous un sapin de Noël vivant. N’y dérogez pas, c’est pour votre bien.

Ballet de lucioles

La balade se poursuit, en levant le pied sous un lampadaire défectueux, sautillant parfois comme un cabri pour éviter de finir au sol terrassé par une racine malveillante. La lampe frontale alors, on en parle ? Dans un environnement urbain bien éclairé, elle n’est pas essentielle mais c’est un plus toujours conseillé. En revanche, à moins de vouloir faire l’aveugle suicidaire, cette source de lumière devient indispensable dans la nuit noire, que vous soyez seul ou en groupe. Au loin, vous apercevez d’ailleurs un joli ballet de lucioles. Le club d’athlétisme du coin, sans doute.

Citadin noctambule

Courir en ville, surtout de nuit, c’est l’art de l’anticipation : passages piéton, trottoirs, bancs, transports, plaques de verglas … autant de dangers qui méritent une attention de tous les instants. Vous voilà pris dans le trafic urbain, serpentant habillement entre passants chargés de cadeaux pour les fêtes, tramways et voitures… attention la marche ! Un instant de prudence accru avant de s’éloigner à nouveau vers des secteurs plus calmes. Déjà 5 kilomètres. Le temps passe vite, finalement, captivé par cet environnement qui pousse à la concentration permanente.

Allure étoile filante

Aujourd’hui, c’est simple footing mais demain soir, ce sera fractionné. Vous vous attelez alors à dégoter un circuit reconnu à l’avance, sans obstacles ni routes à traverser. Vous privilégiez un sol dur et linéaire pour favoriser vos appuis. Plus vous le pratiquerez, plus vous y serez à l’aise pour faire vos séances sereinement. D’ailleurs, l’obscurité vous offre cette impression agréable d’aller plus vite qu’à l’habitude. Et si vous le pouvez, privilégiez un parc éclairé ou une piste d’athlétisme.

Aventurier au clair de lune

Rien ne vous arrête ? Lumière vissée sur la tête, vous êtes prêt à affronter la forêt ou la campagne dans le noir ? Courir dans l’obscurité totale ne s’improvise pas. Le regard doit s’habituer à lire le terrain et à réapprendre les distances en fonction de la visibilité offerte par votre frontale. Vos appuis seront plus assurés et vos réflexes tenus en éveil. Vous commencerez par de petits trajets et éviterez de partir seul pour plus de sécurité. Ainsi coupé du monde, avec vos pas comme seule musique, vous atteindrez presque la méditation.

La sortie touche à sa fin. Maintenant que la nuit vous appartient, on remet ça demain ?

Par : Rémi Blomme

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